‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 176 sur 242 · DAMIS, MON 1)0 R · texte numérisé non relu

DAMIS, MON 1)0 R

MONDOR

Je ne m'étonne plus, si nous payons nos dettes. Entre vingt prétendants l'on vous le donne beau; Et vous avez pour vous , monsieur , l'air du bureau.

DAMIS, sans l'écouter ni le voir.

Si, comme je le crois, ma pièce est applaudie. Vous êtes la puissance à qui je la dédie. Vous eûtes un esprit que la France admira; J'en eus un qui vous plut : l'univers le saura.

(// donne à Mondor du livre par le nez. )

MO.NDOR.

Ouf!

DAMIS

Qui te savoit là? Dis.

MONDOR

Maugrebleu du geste !

Tu m'écoutois? Eh bien! raille, blâme, conteste: Dis encor que mon art ne sert qu'à ni'eblouir. Tu vois ; je suis heureux.

MO.NDOR.

Plus que sage.

a66 LA MÉTROMANIE.

OA.MIS

A t'ouïr.

Je ne me repaissois que de vaines chimères.

MONDOR

Votre bonheur, tout franc, ne se devinoit guères.

DAMIS

Par un sot comme toi.

Mon Dieu! pas tant d'orgueil.

Vous ne pouviez manquer d'être vu de bon œil. Vous trouvez un esprit de la trempe du votre; Mais vous n'eussiez jamais réussi près d'un autre.

DAMIS

De pas une autre aussi je ne me soucierois. Celle-ci seule a tout ce que je desirois. De ma muse elle seule épuisant les caresses. Me fait prendre congé de toutes mes maîtresses.

M o -V D o II.

Il faudroit en avoir, pour eu prendre congé.

DAMIS

.le ne te parle aussi que de celles que j'ai.

MONUOR.

Vous nen eûtes jamais. J'ai de bous yeux peut-être. Un valet veut tout voir, voit tout, et sait son maître. Comme , à l'Observatoire , un savant sait les cieux ; Et vous-même, monsieur, ne vous savez pas mieux.

Pas tant d'orgueil, toi-même, amil va, tu t'abuses. En fîdt d'amour, le cœur d'un favori des muses Est un astre vers qui l'entendement humain

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