ACTE 111, SCÈNE VII. ^g.î
Est-il instruit des mœurs, ainsi que des ouvrages?
DAMIS
Oui. De mes mœurs bientôt j'instruirai tout Paris.
M. BALIVEAU
Eh ! comment , s'il vous plaît?
DAMIS
Comment? par mes écrits.
Je veux que la vertu, plus que l'esprit, y brille. La mère en prescrira la lecture à sa fille ; Et j'ai, grâce à vos soins , le cœur fait de façon A monter aisément ma lyre sur ce ton.
.Sur la scène aujourd'hui, mon coup d'essai l'annonce. Je suis un malheureux, mon oncle me renonce. Je me tais. Mais l'erreur est sujette au retour. J'espère triompher avant la fin du jour : Et peut-être la chance alors tournera-t-elle.
M. B A LI VEA U.
Quoi ! vous seriez l'auteur de la pièce nouvelle, Que, ce soir, aux Français, l'on doit représenter?
DAMIS
.Soyez donc le premier à m'en féliciter.
M. BALIVEAU
Puisque vous le voulez, je vous en félicite.
DAMIS
J'en augure une heureuse et pleine réussite.
M. BALIVEAU
Cependant, gardez-vous de dire à Francaleu Que de son bon ami vous soyez le neveu.
DAMIS
Toul ronnue il \ou,-. plaira : mai^ je vois avec peir.p
Que vous ne vouliez pas que je vous appartienne.
M. DALIVEAU.
J'ai de bonnes raisons pour en agir ainsi.
nAMis.
J'obéirai, monsieur.
M. BALIVEAU
J'y compte.
Mais aussi , Daignant de même entrer dans l'esprit qui m'anime , Laissez-moi , quelque temps , jouir de l'anonyme , Pour goûter du succès les plaisirs plus entiers , Et m'entendre louer sans rougir.
M. BALIVEAU
Volontiers.
( à part. ) A demain, scélérat! Si jamais tu rimailles, Ce ne sera, morljleu! qu'entre quatre murailles.