ACTE IV, .SCÈNK I 3o
Et de mettre un peu l'une et l'autre en parallèle. Il paroit qu'il n'a pas négligé mes avis.
LISETTE
Il se repentiroit de les avoir suivis.
Envers et contre tous, je protège Dorante.
MONDOn.
Gageons que, malgré toi, mon maître le supplante, Car étant né poète au suprême degré, Lucile va d'abord le trouver à son gré. Monsieur de Francaleu déjà l'aime et l'estime; Du père de Dorante il n'est pas moins l'intime : Et je porte un billet, à ce père adressé, Qu'après s'être battu, sur l'heure, il a tracé. Sachant des deux vieillards la mésintelligence, Il mande à celui-ci, selon toute apparence, De rappeler un fils qui fait ici l'amour, Et dont l'entêtement croitruit de jour en jour. Il saura , là-dessus, le rendre impitoyable, .s'il aime enfin Lucile, ainsi qu'il est croyable, Prends de mes almanachs, et tiens pour assuré. Que le bonheur de l'autre est fort aventuré.
LISETTE
Mais cet autre, avec qui je suis de connivence, A pris, depuis un mois, terriblement l'avance. J'ai vu pâlir Lucile, au récit du combat ; D'une tendre frayeur le cœur encor lui bat. Lucile s'est émue : et c'est pour lui , te dis-je. Il a visiblement tout l'honneur du prodige. Depuis même, ils se sont entretenus long-temps; rt s'étoient séparés, l'un de l'autre contents,
-iG.
3o6 LA MÉTROMANIE.
Lorsque, dans cet esprit soupçonneux à la rage. Ma présence équivoque a ramené l'orage : Mais le calme ne tient qu'à l'éclaircissement. Et va couler ton maître à fond dans le moment.