ACTE IV, SCENE IV. .S
J'aurois été poëfe onze ou douze ans plus tôt. Sont-ce là, dites-moi, des pertes réparables?
Le dommujje est vraiment des plus considérables. Il faut que le public intervienne au procès, Et conclue, avec vous, à de gros intérêts. Et Dorante ii'a-t-il contre lui que son père?
M. FRANCALEU.
Pardonnez-moi, monsieur, il a son caractère.
Je lui croyois du (joût , de l'esprit , du bon sens ;
Ce n'est qu'un étourdi ; cela tourne à tous vents.
Cervelle évaporée , esprit jeune et frivole,
Que vous croyez tenir au moment qu'il s'envole;
Qui me choque en un mot ; cl qui me choque au point
Que chez moi, sans ma pièce, il ne resteroit point.
Mais il le faut avoir, si je veux qu'on la jouej
Et voilà trop de fois que mon spectacle échoue.
A propos, ce bon homme, avec qui vous jouez,
Plaît-il? que vous en semble? Excellent! avouez.
Admirable!
M. Fil A NCALE u.
A-t-il l'air d'un père qui querelle?
Heim! comme sa surprise a paru naturelle !
D A Ml s.
Attendez à juger de ce qu'il peut valoir. Que vous en ayez vu ce que je viens d'en voir. U est original en ces sortes de rôle. Pour un mois, avec nous , il faut que je l'enrôle.
3io LA METROMANIE.
D AMIS
De l'humeur dout il est, j'admire seulement Qu'il daigne se prêter à nous pour un moment.
yi. FR AN CALEU.
C'est que je l'ai flatté du succès d'une affaire. Tirons-en donc parti, tandis qu'à nous complaire Et qu'à nous ménager il a quelque intérêt.
DAM is.
La troupe ne sauroit faire un meilleur acquêt.
M. FRANCALEU.
si vous le souhaitez , c'est une affaire faite.
DAMIS
Personne plus que moi, monsieur, ne le souhaite.
M. FRANCALEU.
Et personne, monsieur, n'y peut mieux réussir.
UAMIS.
Que moi?
M. FRANCALEU.
Que vous.
DAMlS.
Par où? Daignez m'en éclaircir.
Vous pouvez à la cour lui rendre un bon office.
DAMIS
Plût au ciel ! Il n'est rien que pour lui je ne fisse.
M. FRANCALEU.
Vous êtes bienvenu des ministres ?
DAMIS
Un fat Avoueroit que la cour fait dt; lui quelque état;