ACTE IV, SCENE IV. 3ii
Et passant du mensonge à la sottise extrême , En le faisant accroire il le croiroit lui-même. Mais je n'aime à tromper ni les autres ni moi ; Un poète, à la cour, est de bien mince aloi; Des superfluités il est la plus futile. On court au nécessaire, on y songe à l'utile: Ou si vers l'agréable on penche quelquefois , Nous sommes éclipsés par le moindre minois; Et là, comme autre part, les sens entraînant l'homme, Minerve est éconduite, et Vénus a la pomme. Ainsi, je u'oserois vous promettre pour lui. Sur un crédit si frêle, un bien solide appui.
M. FRANCALEU.
Ma parole, eu ce cas, sera donc mal gardée; Car je comptois sur vous quand je l'ai hasardée.
UAMIS.
Et de quoi s'agit-il encor? Voyons un peu.
M. FRANCALEU.
H veut faire enfermer un fripon de neveu;
Un libertin qui s'est attiré sa disgrâce ,
En ne faisant rien moins que ce qu'on veut qu'il fasse.
D A M I s, vivement.
Oh ! je le servirai , si ce n'est que cela ; Et mon peu de crédit ira bien jusque-là.
M. FRANCALEU.
Non, non, laissez. Parbleu ! j'admire ma sottise.
( // fhit quelques pas pour s'en aller.) D A M I s , l'arrêtant.
Quoi donc?
3i2 LA MÉTROMAME.
M. FRANC AL EU
J'en vais charger quelqu'un dont je m'avise. D A M I s.
Ah ! gardez-vous-en bien , s'il vous plaît.
M. FRANCALKU.
Et pourquoi?
UA^tIS <^uand je vous dis qu'on peut s'en reposer sur moi.
M. FRANCALEU.
c'est qu'avec celui-ci l'affaire ira plus vite.
DAMIS
.le serois très fâché qu'il en eût le mérite.
yj. FRAXCALEU.
Songez donc que ce soir il aura mon billet , Et que j'aurai demain la lettre de cachet.
D A M 1 s. Mon dieu! laissez-moi faire; ayez cette indulgence.
M. FR A NCA LEL'.
-Mais vous ne ferez pas la même diligence.
Plus grande encore.
M. FRANCALEI-.
oh ! non.
D AMIS
Que direz-vous pourtant , .Si votre homme, ce soir, ce soir même, est content?
M. FRANCALEU.
Ce soir? Ah ! sur ce pied, je n'ai plus rien à dire. .Mais comment ce temps-là pourra-t-il vous suffire?