‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 23 sur 242 · ACTE 1, SCENE XII · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE XII

TI M ANTON I

Que VOUS a-t-elle fait?

FOHTCNÉ.

Je n'en sais rien. C'est vous qui dites que je la perds.

TIMANTONI.

Apprenez 1 obstacle invincible qui vous sépare de ç'ta pauvra Lisetta. Matlame Araminte,sa maîtresse, ne sauroit souffrir rnonsouPolymathe. Tout ce qui loui appartient loui déplaît. Elle défendra à sa souivante de vous parler, de vous voir. Ah! pauveretto !

FORTUNÉ

Eh! que faudroit-il faire pour empêcher tout cela?

TÎMANTOM.

Trahir votre maître.

FORTUNÉ

Que le diable l'emporte, s'il veut! Qu'est-ce que cela me fait à moi?

TIMANTOSI.

Et vous serez sour, en le trahissant, douna bona récompense.

FORTUNÉ

Ce n'est pas là la question ; je le trahirai pour rien , et la récompense sera par-dessus le marché.

TiMANTONi, h part.

Il est à nous, (rt Fortuné.) Voici lou fait. Madame Araminte s'intéresse per oun comte, bien fjeiililliomme, de mes amis, nommé Lisidor, qui est amoureux de luademisellc Loucile.

FORTl NÉ.

EHle fait fort bien.

TlMAJiTONI.

Monsou Doriman, entêté de ton maître, loui vont donner sa fille.

FORTl' NÉ.

Il fait fort mal.

TI M ANTOM.

Il s'agit , per rompre ç'tou mariage , de trouver quelque expédient. Ma, per agir avec pions de soureté, il faut que tou sois des nôtres.

FORTIJNÉ.

Il est vrai que je puis vous aider beaucoup.

TIM ANTON r.

Pouvons-nous compter sour toi?

FORT!' NÉ

Oui; je suis tout à vous, pourvu que Lisette soit à moi.

TIMANTONI, fïu)) air important.

Je le la donne.

I''st-cp vrin> qui donnez aussi la récompenise?

ACTF, 1, SCÈNE XII. 39

TIMANTONI.

Non ; c'est monsou Lisidor.

FORTUNÉ

Ah! tant mieux, car vous auriez l'air de la garder pour vous. Allons, que faut-il faire pour tromper le généreux Polymathe?

TIM ANTON I

Avertir mademiselle Loucile que ton es dans nos intérêts; loui dire qu'elle imagine quelque stratagème per non point partir; car son père veut la mener à la campagne dès ce soir; qu'elle feigne' des coliques, des migraines... des vapeurs... là... quelqu'ounes de ces maladies qui obéissent aux dames. Dis-loui aussi que, sous quelque figoure que paroisse son amant, elle ne témoigne point oune sourprise qui pourroit la trahir.

FORTUNÉ

Ce sera mon premier soin.

TIM AKTONI.

S'il faut porter des lettres , rendre les réponses...

FORTUNÉ, l'interrompant.

Oui ; en faire même ? Je suis votre homme. Mais, à propos de porter des lettres, vous me paroissez pour le moins aussi habile à ce métierlà que moi.

4o LE FAUX SAVANT.

TIM ANTONI

Je ne serai pas toujours à portée d'être outile à ces jounes gens; et toi, ton denioures dans la maison ; tou nous tiendras sour les avis.

FORTCSÉ.

Je vous entends ; je serai comme troupe légère et auxiliaire.

TIM ANTONI

Sois-nous fidèle, tou seras houroux. Je vais avertir madame Araminte que tou es entré dans notre parti , et qu'elle se prépare à t'accorder Lisette. Va t'acquitter de la commission que je t'ai donnée per Loucile, et sois sour de ton mariage avec ta belle maîtresse. (// sort.)

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