‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 239 sur 242 · ACTE V, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VIII

M. FRAJNCALEU.

La nouvelle , en ce cas , M'étoune bien un peu , mais ne me change pas. Non , je ne rabats rien de ma première estime : Loin de là, votre chute est si peu légitime, Fait voir tant de rivaux déchaînés contre vous, Qu'elle prouve combien vous les surpassez tous. Et ma fille n'est pas non plus si mal habile. ..

LU CI LE

Mon père...

DAMIS

Permettez, belle et jeune Luciie...

LUCII.E.

Pennettez-moi, monsieur, vous-même, de parler. Mon père, il n'est plus temps de rien dissimuler. D'un père, je le sais, l'autorité suprême Indique ce qu'il faut qu'on haïsse ou qu'on aime ; Mais de ce droit jamais vous ne fûtes jaloux. Aujourd'hui même encor vous vouliez, disiez- vous. Que par mon propre choix je me rendisse heureuse; Vous vous en étiez fait une loi généreuse; Et c'est ainsi qu'un père est toujours adoré. Et que , moins il est craint , plus il est révéré. Vous m'avez ordonne sur- tout d'être sincère, Et d'oser là-dessus m'expliquer sans mystère. Mon devoir le veut donc, ainsi que mon repos.

M. FRANCALEU.

(bas.) Au fait. J'augure mal de cet avant-propos.

35o LA MÉTROMANIE.

L CCI LE

Parmi les jeunes gens que ce lieu-ci rassemble...

M. FRANCALEC.

Ah ! fort bien.

lUCILE.

Rassurez votre fille qui tremble, Et qui n'ose qu'à peine embrasser vos genoux.

Vous penchiez pour quelqu'un? J'en suis fâché pour vous. Pourquoi tardiez-vous tant à me le venir dire?

LUCILE

C'est que celui vers qui ce doux penchant m'attire , Est le seul justement que vous aviez exclus.

M. FRANCALEU.

Quoi? Quand j'ai mes raisons...

LDCILE.

Vous ne les avez plus.

Son cœur, à mon égard, étoit selon le vôtre. Vous craigniez qu'il ne fût dans les liens d'une autre; Et jamais un sou]içon ne fut si mal fondé. Il m'adore : et de moi, près de vous secondé... Ali ! je lis mon arrêt sur votre front sévère ! Eh ])icn! j'ai mérité toute votre colère; Je n'ai pas, contre moi, fait d'assez grands efforts: Mais est-ce donc avoir mérité mille morts? Car enfin , c'est à quoi je serois condamnée. S'il falloit à tout autre unir ma destinée. Non, vous n'userez pas de tout votre pouvoir. Mon père! accordons mieux mon cœur et mon devoir. Arra(:he/,-moi du monde, à qui j'étois rendue.

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