ACTE II, SCEXli IX
la devez au public, avide de voir votre [)ortiait à la tête de vos ouvrages.
POLTM ATHE.
Je ne suis point assez décide.
DORIMAS.
Quelle modestie ! C'est un homme comme vous qu'il faut transmettre à la postérité, et non pas un nombre inlini de gens à talents médiocres, dont les antichambres sont tapissées.
POLYMAÏHE.
Il imagine la chose si sûre, qu'il a déjà fait faire le dessin de l'estampe, et l'inscription par Silvandre.
nORI.MAS.
Par Silvandre? Elle sera fort bien. Il est, après vous , le plus grand poète de son siècle.
POLYMATHE.
Il brille à gauche. Sou génie est assez poétique ; inégal pourtant. Il a quelque savoir; il est d'un bon coramerce, poli, doux, généreux; s'il étoit plus honnête homme et moins fou, il seroit accompli.
Je veux faire présent de cette estampe à tous mes amis. '
POLYMATHE.
Il va m'ai river pis. On me menace d une statue.
DORIM AN.
Comment?
POLYMATHE.
Quelques gens en place et plusieurs seigneurs ont escamoté ma figure.
nORIM AN.
Qu'est-ce à dire?
POLYMATHE.
Non contents d'avoir fait faire furtivement mon buste, ils ont ordonné ma statue. Ce tour est cruel, épouvantable!
DORIMAS.
Tant mieux , morbleu ! tant mieux. Cela prouve leur estime pour vous , et fera bonneur à la nation.
POLYMATHE.
Votre amitié vous fait illusion.
no RI M AN.
Ab! point... Avoir un gendre auquel on élève des statues ! Quelle gloire ! je ne me sens pas d'aise. Mon cber ami , vous êtes digne de bien d'autres récompenses.
POI, YM A THE.
Venons à ce qui me toucbe de plus près. Vous avez sans doute annoncé mon mariage à mademoiselle Lucile?
DOni iM AN.
( )ui , dès (jue j'ai clé de retour.