ACTE II, SCÈNE XIV
sants pour moi, qu impatiente d'être eu liaison avec vous, monsieur, je franchis les usages pour avoir quelques instants plus tôt ce plaisir. Mon premier soin, en arrivant de ma province, a été de m'informer oii vous étiez. Je vous préfère au jeu, aux spectacles, aux promenades, et à des visites de bienséance.
POLYM ATHE.
Madame...
LISETTE, l'interrompant.
Oui, monsieur, vos ouvrages m'ont fait concevoir de vous une si haute idée qu'ils ont occasioné mon voyage de Paris, où je suis, pour la première fois , depuis deux jours. Vous n'avez jamais rieu composé qui ne m'ait été envoyé. Je découvre dans tout ce que vous faites une science... un style... des sentiments étonnants, des expressions singulières qu'on n'entend point ; mais c'est ce qui en fait le mérite.
POLTM ATHE.
Quelle pénétration! En effet, y a-t-il quelque gloire à écrire et à parler comme tout le monde? Uu neuf, du brillant, des idées, du distingué, (lu beau, du piquant, des saillies, des traits, des éclairs ; on n'acquiert le sublime de la réputation q;f' par-là.
fis 1,E FAUX SAVANT.
LISETTE
Je n'ai point pour les sciences un amour stérile. J'ai produit plusieurs ouvrages, qui ont fait beaucoup de bruit dans l'Europe. Les mercures en sont pleins.
POLÏMATHE.
Vos lumières sur ceux des antres forment un préjugé convaincant... Quel genre?
Aucun en particulier; tous en général: romans, historiettes, contes, fables, chansons... POLYM.\THE, Vinteirompant.
S'il est décidé qu'un auteur se peint lui - même dans ses ouvrages, par une conséquence absolue vos productions doivent être la perfection même.
LIS ETTE
Que d'esprit! Quel fonds de politesse!... Je réussis assez bien dans les comédies. Je les joue encore mieux que je ne les fais ; c'est mon plaisir dominant, et la seule chose qui puisse me consoler dans mon triste état, et depuis deux ans de veuvage.
l'OI, YM A THE.
Vous êtes veuve , uiadamo? Depuis d(;i»x aii<, a votre âge!
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