ACTE 111, SCÈNE XVIII, log
ARAMiXTE, bas, h Doriman.
Vous entendez?
LISETTE, <i Polymathe.
Oui, je sens que nous sommes faits l'un pour l'autre... Je vous parle; je travaille à une scène de comédie des plus frappantes. Vous m'êtes pécessaire; je ne saurois la bien finir sans vous. Si vous voulez me seconder, le s.uccès est infaillible. Je touche au dénouement.
l'OLYMATHE.
Disposez de tout mon esprit ; mais il faut qu'il soit dans une assiette tranquille. Il ne peut l'être que par la possession de votre cœur et de votre main. Ne différez plus ; assurez mon bonheur : courons chez le notaire.
LISETTE
Je ne le cache point, je suis plus empressée que vous à terminer tout ceci. Allons... Hélas! mes yeux se remplissent de pleurs mal{>ré moi.
POLYMATHE.
Que vois-je? Quelles tristes pensées viennent traverser de* si dou.K moments?
LISETTE
Une réflexion , bien naturelle, m'accable. Je suis informée de vos engagements avec Lucile; vous deviez l'épouser. Elle est jeune, elle est Ix'lie; peut-être l'aimez-vous encore.
ii« LE FAUX SAVAXT.
POLÏM ATHE.
Connoissez mieux vos charmes. D'ailleurs, je n'ai jamais rien senti pour elle. Fausse, avec un air d'ingénuité; coquette, sous un maintien modeste ; petit esprit superficiel, à qui j'étois indifférent, faute de lumières. Je l'épousois uniquement par bonté pour Doriman.
DORiM A N, h part.
Oui?
LISETTE, h Poljmathe.
Mais l'estime que vous avez pour lui...
PO L Y M A T H E , Vin terrotiipan t. Moi , de l'estime pour lui? J'ai trop de discernement pour la placer si mal.
ARAMINTE, has, h Dorimaii.
Voilà le prix de vos bienfaits.
poLYMATHE,à Lisette.
C'est le plus mince génie; glorieux, comme un riche bourgeois anobli; sans goût, sans jugement.
Cependant, il fait tant de cas de vous!
POLYM ATHE.
C'est fout ce que je lui connois de bon.
noRiM AN, à part.
L'impertinent !