SCÈNE V
Ad'ÉLAIDE, LÉONOR, FRÉDÉRIC.
ADÉLAÏDE, à part.
séjour où coinmandoit l'auteur de ma naissance, Lieux témoins du bonheur de ma paisible enfance. Palais de mes aïeux, où leur sang est proscrit. Hélas, que votre aspect me frappe et m'attendrit!
FRÉDÉRIC, à part.
Pourquoi ne pas avoir évité sa présence? Mon trouble, à chaque instant, peut trahir mon silence
Un bonheur apparent cause un nouvel effroi.
Seigneur, à qui subit les cruautés du roi.
A la clarté du jour il veut bien que je vive;
Avec quelque douceur il parle à sa captive.
Ce changement qui tient en suspens mes esprits.
De ma soumission devoit être le prix.
Vous l'êtes-vous promise? Auriez-vous laissé croire
Que je songe à trahir et Gustave et ma gloire?
FRÉDÉRIC
Non, madame. Vous-même, avez-vous un moment Accusé mon amour d'un tel égarement?
Non; sincère et soumis, j'ai sur votre constance. Ainsi que mes discours, réglé mon espérance: Frédéric qui vous aime , et que vous avez craint. N'aspire qu'à l'exil , et ne veut qu'être plaint.