ACTE 1, SCÈNE IV, i
J'évitai le fardeau de la toute- puissance. Je cédai, sans etfort, des honneurs dangereux, Et le pénible soin de rendre un peuple heureux. D'un noble dévouement je ne fus pas capable. Des forfaits du tyran ma mollesse est coupable; Et , pour mieux me charger de tous ceux qu'il commet, Le cruel m'associe au comble qu'il y met. Par un assassinat, qui tient lieu de victoire, c'est peu que de son peuple il ait terni la gloire; C'est peu de publier qu'à cette cruauté De mes feux malheureux l'intérêt l'a porté : Pour achever ma honte, et consommer son crime. Il veut que ce soit moi qui frappe la victime; Que de moi la princesse apprenne son malheur; Qu'en lui tendant la main je lui perce le cœur!... Évitons-la ; fuyons. Prévenons ma foiblesse. Sou amour inquiet m'interroge sans cesse, Et sans cesee , à regret, le mien se voit réduit A ne lui pas ôter l'espoir qui la séduit. Lui laisserai-je encor cet espoir inutile? Et, quand je le voudrois, serois-je assez tranquille? Un seul mot, un regard, un soupir... Je la voi! KçtienSjCher Casimir, tes pleurs, on laisse-moi.
( Casimir sort. )
i34 GUSTAVE-VVASA.