‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 98 sur 242 · ACTE II, SCENE V. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V. i

GUSTAVE

Mon bras dans ce motif ne s'étoit point armé : Un intérêt si bas l'auroit mal animé.

J'eus pour objet unique, en exposant ma vie, La gloire de servir mon maître et ma patrie; Et, puisque l'honneur seul excita ma valeur. Veuillez , pour tout salaire , acquitter cet honneur.

CHR ISTIERN E.

Tu n'auras pas conçu d'espérance frivole. Prononce ; que veux-tu ?

GUSTAVE

• Dégager ma parole.

CHRISTIERNE.

Explique-toi.

GUSTAVE, tirant un billet de sa poche, cl le présentant à Christienie.

Gustave, aux portes de la mort, A tracé cet écrit, par un dernier effort; Et j'ai cru lui pouvoir hasarder la promesse Ue le rendre aujourd'hui moi-même à la princesse.

Voyons ce qu'il contient : tu seras satisfait.

[prenant le billet.) Je connois sa main; donne... Oui, c'est elle, en effet. ( // lit. ) u Adieu, princesse infortunée!

« La victoire n'est pas du plus juste parti : « Je vous servois ; je meurs. Telle est ma destinée ;. ■. Et mon astre cruel ne s'est point démenti. « D'une félicité vainement attendue.

i54 GUSTAVE-VVASA.

« Si vous m'aiiuez encore, oubliez les douceurs. <i Votre repos m'occupe au monieut où je meurs : <• Réguez; je vous remets la foi qui m'('toit due, « Laissez-eu désormais disposer les vainqueurs. »

(à Gustave, en lui rendant le billet.) Sors. Avaut c[ue le jour de ces lieux disparoisse, Rodolphe te fera parler à la priucesse.

GUSTAVE

Il me reste une grâce à vous demander.

CHRISTIERNE.

Quoi?

GUSTAVE

Que par ménagement et pour elle et pour moi. Ou ne m'annonce point comme auteur de sa perte. Mais comme un simple ami dont la main s'est offerte.

CHRISTIERNE, l'interrompant.

Je t'entends. C'eût été le premier de mes soins.

( Gustave sort. )

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