‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 99 sur 242 · ACTE II, SCÈNE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI. i

CHRISTIERNE, l' inlerromprmt.

Non, Rodolphe; ileinain.

c'est tout le temps que peut souffrir la violence D'un amour qu'ont lasse la gêne et le silence. Soumise ou non, demain elle m'a pour époux.

RODOLPHE

Sans vous embarrasser des fureurs dun jaloux. D'un rival qu'appuieront des sujets infidèles?

CHRISTIERKE.

Vains discours ! je ne crains ni lui ni les rebelles.

Frédéric y renonce. Osant le déclarer,

Lui-même il s'est privé du droit d'en murmurer;

Et quant à mes sujets, tout le mal ne procède

Que du feu de la guerre allumée en Suède:

Ici par mou hymen quand j'aurai tout calmé,

Là bientôt par la peur tout sera désarmé.

Je te dispense enfui de ces marques de zèle.

J'adore Adélaïde, et je ne vois plus qu'elle.

Toi-même, qui l'as vue, à d'amoureux transports

Peux-tu, sans injustice, opposer tes efforts?

Quel est donc mon pouvoir? Maître de tant de charmes,

S'agira-t-il toujours de contraintes, d'alarmes.

D'obstacles, de délais, de mesure à garder?

Il s'agit Ai mourir on de la posséder.

1) n'est point de périls que l'amour ne dédaigne :

Différer est le seul aujourd'hui que je craigne.

il me reste un rival qui s'est fait estimer;

Si je perds un instant, il peut se faire aimer.

n ODOÎ.PHE.

lîeposL'Z-voHS, seigneur, sur ceux qui votis secondent;

i56 GUSTAVE-WASA.

Elle le verra peu , mes soins vous en répondent :

Je veillerai sur eux. Vous, si vous m'en croyez.

Ne précipitez rien. Daignez plaire ; essayez

D'écarter ce qui peut occuper sa pensée.

De quoi n'est pas capable une amante insensée?

V'oulez-vous...

CHRIST lERNE, l'interrompant.

Oui , Rodolphe, oui, telle est mon ardeur: Dût-elle entre mes bras signaler sa fureur, Fût-ce à la perfidie allier la tendresse. Et placer dans mon lit la haine vengeresse... Mais de quoi s'alarmer au sein de la vertu? J'aurai sa foi ; je l'aime, et je régne. Crois-tu Que du lien formé la sainteté soit vaine? Les autels sont alors les bornes de la haine. Les noms de roi, d'époux, ne désarment-ils pas? L'hymen a des devoirs , le trône a des appas. L'un ou l'autre, peut-être, adoucira son ame. Tantôt tu permettois plus d'espoir à ma Hamme: D'un amant couronné tu relevois les droits; Et l'amour, à t'entendre, obéissoit aux rois.

Aussi je ne crois pas la princesse inflexible. Quelque soin , quelque égard peut la rendre sensible. Si même à Frédéric elle résiste encor, Ne l'en accusez point.

CHRISTIERNE.

Eh ! qui donc?

RODOLPHE

Léonor.

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