ACTE I, SCÈNE III. i
Pouvoit seul affermir votre foible puissance , Vous assurer un trône élevé par vos mains. Voyez clans quels climats vous fixent les destins. Contre les noirs projets de votre injuste frère Pensez-vous que les flots vous servent de barrière? Les pavillons de Tyr sont les rois de la mer. Ici les Africains, peuple indomptable et fier; Plus loin d'affreux écueils , des rochers et des sables. D'un pays inconnu limites effroyables , De stériles déserts , de vastes régions Que l'œil ardent du jour brûle de ses rayons. Sont d'éternels relnparts, dans l'état où nous sommes. Entre tous vos sujets et le reste des hommes. Pour mettre en sûreté votre sceptre et vos jours. Aux autels de l'hymen implorez du secours. Votre gloire en dépend , encor plus que la nôtre. Au bonheur d'un époux daignez devoir le vôtre ; Daignez au rang suprême associer un roi.
DIDON
J'estime vos conseils, autant que je le doi.
Je les ai prévenus... Mais quel choix puis-je faire?
MADHERBAL.
Un héros seul , sans doute est digne de vous plaire ; Les plus grands rois du monde en seroient honorés. D'ennemis furieux nous sommes entourés; L'éteudard de la guerre et le son des trompettes Vous avertit assez des périls où vous êtes. Du moins, que votre époux ait plus que des aïeux : Qu'il soit, si vous voulez, issu du sang des dieux; Mais qu'il ait des .soldats, des villes, des provinces.
iC 1)1 no N.
Votre hymen est brigué pur tant d'illustres princes; Par leurs aiubassaclours tous vous oH'rcMit leurs va-ux ■. C'est régner sur les rois ipu; de choisir enlr'eux; Mais choisissez, madame, et qu'un »ligne hyménée Ue vos jours opprimés change la destinée. Se peut-il qu'un héros, qu'un jeune souverain, Qu'un (ils de Jupiter vous sollicite en vain? larbe...
D I O O N , t interrompant.
C'est assez; et je rends grâce au zélé D'un ami, d'un ministre, et d'un guerrier fidèle. Je dois répondre aux vœux du peuple et <le la cour. Et vous saurez mon choix avant la fin du jour.
( Madlterbal sort.)