‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 9 sur 279 · ACTE 1, SCÈNE II. i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE II. i

Les rois , comme les dieux, sont au-dessus des lois : Je régne; il n'est plus temps d'examiner mes droits.

I A RBE.

Cette fierté m'apprend ce qu'il faut que je pense. Ainsi d'un roi vainqueur vous bravez la puissance? Déjà, prête à partir, la foudre est dans ses mains, IMad;ime. Toutefois, forcé par vos dédains. Forcé par son honneur, de punir une injure Qui de tous ses sujets excite le murmure, S'il pense à se venger, je connois bien sou cœur, Croyez que ses regrets égalent sa fureur. Mais vous l'avez voulu; votre injuste réponse Ne permet plus...

DIDON, r interrompant.

J'entends , et vois ce qu'on m'annonce.

Je sais combien les ro>s doivent être irrités D'une paix, d'un hymen, trop souvent rejetés; TJn refus est pour eux le signal de la guerre. Autour de mes remparts ensanglantez la terre : larbe, je le vois, est tout prêt d'éclater; Je l'attends, sans me plaindre et sans le redouter.

lAR BE.

Ali ! je ne sais que trop les raisons... Mais , madame, Je devrois respecter les secrets de votre ame. J'en ai trop dit peut-être; excusez un sujet Ou'entraîne pour son prince un amour indiscret. Je vous laisse. A vos yeux mon zélé a dû paroître, Et j'apprendrai bientôt vos refus à mon maître.

( // sort. )

i4 niDON.

SCftNE lil.

lilDON, ÉI.ISR, IJAnCl^;, MADHERn AL,. SUITE.

Di DON, à pnrt.

Il faudra donc payer le tribut de mon rang, Et pour régner en paix verser des (lots de sang?... Affreux destin des rois!... Mais la gloire l'ordonne...

( à Mdflhcrbal.) Vous, ministre guerrier, l'appui de ma couronne. C'est à vous de pourvoir au salut de l'état.

M A DIIERB A I..

Madame , je réponds du peuple et du soldat.

s'ils craignent, c'est pour vous, et non pas pour eu:v-mômcs.

Soumis, avec respect , à vos ordres suprêmes...

D I D O N , l'interrompant.

Qu'ils m'aiment seulement; c'est là tout mon espoir. Malheur aux souverains obéis par devoir! Qu'importe que l'on meure en servant leur querelle , Si, dans le fond des cœurs, la haine éteint le zélé?... Autour de nous la guerre allume son flambeau; Mes refus sur Carthagc attirent ce fléau : Que diront mes sujets?

MADHERliAL.

Ils combattront, madame...

Mais, puisque vous voulez pénétrer dans leur ame, Lire leurs sentiments et cnunoitre leurs vo*ux, .l'obéis à ma reine et vais parler pour eux. Ils peusoient que le nu'ud d'une angiiste alliance

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