SCÈNE XIV
DORANTE
( // donne des coups de fouet en l'air et attrape
Thibaut. )
Ah! les mauvais chevaux! Ohe! ohé! ohé!
KRONTIN, riant.
Ah! ah! ah! ah!
Quel diable de rêve est ceci? Monsieur, monsieur, doucement, s'il vous plaît.
DORANTE
Doucement ! non pas : il faut arriver. Ohé ! ohé !
FRONTIN
Avancez , mon oncle ; tâchez de lui ôter ce maudit fouet, je l'éveillerai.
T H I B A TJ T.
Pargué ! ôte-le toi-même; tu dois être plus fait que moi aux étrivières.
DORANTE-
Ohé! ohé!
FRONTIN
Attendez : il faut lui faire quitter ce maudit rêve, (rt Dorante.) Monsieur! monsieur! c'est de la part de monsieur Argante.
DORANTE
Argante?... de l'argent?... il faut lui rendre...
FRONTIN, s'avançant.
Oui, votre correspondant.
tç)7 LE SOMNAMHIILK.
DORANTE
Cent pistolcs... il est bien pressé!... écrivons. ( // fait, avec sonfouet^ comme s'il écrivait. )
FRONTIH, à Thibaut. Oh! maintenant je vais l'éveiller.
T II I u A i: T.
Attends, attends; cela commence à me faire rire.
FBONTIN.
Il croit écrire, vous voyez.
DORANTE
Appelez Frontin, monsieur Argante.
FRONTIK.
C'est un juif, ce monsieur Argante, un vilain.
DORANTE
Vilain, je l'écris. Frontin, au coffre-fort.
THIBAUT
Il a le sommeil bien riche. Morgue, je n'avons jamais rêvé de ces choses-là. Parle donc , neveu , t'es donc son caissier?
FRONTIN
Quand il dort, comme vous voyez, raoa oncle. Malheureusement, il en a un autre ijuand il veille.
DORANTE
1 iens ma lettre, Fiontin.
IRONTIN, à Dotante.
Oui, nionsieiu', votre jpltre.