SCÈNE XIV. igS
DORANTE
Ma lettre... Argante... un sac... prenez ce sac... rapporte mon billet.
THIBAUT
Ah! ah! le sac! Prenons, prenons; nous le partagerons.
DOUANTE, saisissant Thibaut au collet.
Partagerons..., voleur! je t'étranglerai.
THIBADT.
A l'aide, Frontin... Monsieur, monsieur, vous serrez trop fort. Commencez du moins par me fouiller.
DORANTE
Au voleur! au voleur!
THIBAUT
Frontin! mon neveu! au secours!
FRONTIN, à Thibaut.
x\ttendez : laissez-moi lui prendre le petit doigt ; il n'y a pas d'autre moyen de l'éveiller.
THIBAUT
Prends-li, morgue, tout ce que tu voudras; mais tire-moi de ses pattes.
FRONTIN, à Dorante.
Monsieur, monsieur, éveillez- vous.
THIBAUT
Queu chien de sommeil !
194 ï «^ SOMNAMItlJLK.
DOUA KTK.
Où suis -JL-, Frontin? Pourquoi m'as- lu laissa sortir? jiourquoi iii'as-tu ([uitlt", r^ofjuiii':' inONTlN.
Ma foi , monsinnr, je me suis endormi de lassitude. Vous avez pris ce temps pour vous en aller, et i'aceours au bruit que vous faites.
nORiVNTE.
Ah! je mcf suis trahi. Je m'en souviens; je suis chez monsieur le baron.
THIBAUT, h Dorante.
Oui, de par tous les diables, vous y êtes.
non AN TE.
Que fait là cet homme?
THIBAUT
Morgue, c'est stilà que vous étrangliez.
FROJVTIN.
C'est le jardinier d'ici: vous l'avez vu tantôt.
DORANTE
Je suis au désespoir: je croyois rju'on me voloit.
THIBAUT
Pargué ! vous croyez trop vile.
DORANTE, à Thibaut.
Il n'y a rien que je ne te donne pour l'engager au secret. Que penseroit Rosalie? elle ne me connoitroil que par mes défauts.