ACTE II, SCÈ^E I
Le fier Pygmalion poursuit les Tyriens; Les Grecs de toutes parts accablent les Troyeus. L'un à l'autre connus par d'affreuses misères. Le destin nous rassemble aux terres étrangères; Et peut-on envier à deux cœurs malheureux Le funeste rapport qui les unit tous deux? Que dis-je? sans Didon, sans ses soins favorables, D'ilion fugitif les restes méprisables, Inconnus dans ces lieux, sans vaisseaux, sans secours, Sur un rivage aride auroient fini leurs jours. As-tu donc oublié comtne, après le naufrage. Nous crûmes sur ces bords tomber dans l'esclavage? Les Tyriens en foule accompagnoient nos pas, Et déjà contre nous ils murmuroient tout bas. Sur un trône brillant leur jeune souveraine Rendit d'abord le calme à mon ame incertaine. Ses regards, ses discours , garants de sa bonté, Cet air majestueux, cette douce fierté.
Ces charmes dont l'éclat, digue ornement du trône, .Sur le front d'une reine embellit Ja couronne. Les hommages flatteurs d'une superbe cour, Tout m'inspiroit déjà le respect et l'amour. Avec quelle douceur, écoutant ma prière. Dans le noble appareil d'une pompe guerrière, Cette reine, sensible au récit de mes maux. Promit de terminer le cours de mes travaux! Les effets chaque jour ont suivi sa promesse. Achate, je dois tout aux soins de sa tendresse. Eh ! puis-je refuser mon cœur à ses attraits, Quand ma reconuoissance est due à ses bienfaits?
a4 DlllON.
A cil A TE.
Tel est il'un cci;ur épris l'aveiipleraeiit exlrémi' ! il se f:iit un plaisir du s'aliuscr lui-inùiixt; Kt le Notre, scijiieiir, qui cherche à s'ëhlouir, Court après le danger quand il dev roit le Fuir. Dcja , tout occupé de sa giaiuleur Future, D'un trop honteux repos votre peuple murmure ; Il croit que chaque instant retarde .'■es destins; Si la gloire une fois...
ÉNÉK, l'interrompant.
Eh! c'est ce que je crains.
Je ue trahirai point cette gloire inhumaine; Mais mon cœur sait aussi ce qu'il doit à la reine. . Je la vois... Laisse-nous. Trop heureux en ce jour. Si je puis accorder et l'honneur et l'amour!
{Aclialc sort.