ACTE II, SCENE I. ?3ç
Versoit sur moi la force et l'oubli du danger. Toutefois... le dirai-je? au sein de la victoire i)'uu œil triste et douteux j'envisage ma gloire. Troj) prompte à soulager les maux de nos chrétiens , Mon cœur se seroit-i! trompé sur les moyens? Si la seule vertu m'a pu servir de guide , D'où vient que dans ses bras le remords m'intimide?
ZAMIS.
Quelle frayeur saisit votre esprit éperdu? Que peut vous re[)rocher la plus pure vertu? Combien ai-je admiré votre innocente audace! Mépriser les bienfaits, confondre la menace !... .\ travers les dangers et l'horreur du trépas , Quelle main jusqu'au trône a pu guider vos pas? Car enfin . terrassé par un pouvoir suprême. Ce n'est plus un tyran qui malgré lui vous aime; C'est un héros soumis, tendre, respectueux. Et rival des vertus d'un objet vertueux.
IKÈNE. ,
N'offre point à mes yeux !a trop flatteuse image
D'un prince dont mon cœur doit détester l'hommage ;
ÏN'égare point, Zamis, un reste de raison,
Trop foible à repousser un dangereux poison.
Ses vertus, son amour, mon cœur, tout m'intimide;
Tremblante à chaque pas , sans cousei! et sans guide ,
Dans un triste avenir je n'ose pénétrer,
F.t jusqu'à mon bonheur tout me fait soupirer.
.1 ai cru trouver la paix dans ce nouvel asile;
Je l'habite, et mon cœur y devient moins ti-anqujlle.
C'est ici que mon sort a commencé sou cours ;
î4o MAHOMET SECOND.
C'est ici que mon père ;\ vu trancher ses jours;
{à part.) l'Umoi-nU'ine... AlilZamls!... Ciel ! qui me vois tremblante, .le mourrai sans rejjret, si je meurs innocente...
(à Zamis. ) Mais que nous veut Tadil?