‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 164 sur 279 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

THÉODOHE, IRÈNE, ZAMI.S.

I n Es E, à paît.

Mais, helas! quel \ieillard se présente a mes yeux? Il s'arrête, il gémit à l'aspect de ces lieux.

THÉODORE, à part.

C'est ma fille; c'est elle... Ah! père déplorable!... O ciel, ne me sois point à demi favorable; Épure les bienfaits que tu veux ra'accorder.

I K h; i\ E , à Titéodoie.

Respectable. chrétien, vous n'osez ra'aborder : Dans ce jour fortuné pourquoi verser des larmes? Rassurez-vous .-je viens dissiper vos alarmes. Chrétienne comme vous, vos malheurs sont les miens.

Madame, recevez i'hoiumage des chrétiens. Par vous seule arrachés à des maux innombrables. Nous bénissons les fruits de vos soins secourables. Notre cuite, long-temps insulté par 1 erreur. Par vdus seule a repris son antique .splendeur.

r'.U MAHOMLI SKCOM).

Que Dieu, pour tant de biens ré|iuiiHus sur liyzauct, Afïeinii'ise ;'i j.iuKiis vos pas ilaiis l'iiirioceiice! Lorscpu; île tant île maux vous sauvez les chrétiens, Un |)ère infortuné peut-il jjt'niir des siens? Oserai-je à vos yeux exposant ma tristesse, Outrager par mes pleurs la commune allégresse? Madame, ayez pitié d'un père malheureux ! Échajjpé des horreurs d'un cachot ténébreux. D'aujourd'hui seulement Je revois la lumière : Et je retrouve, hélas , une fille trop chère, Une fille pour qui je donnerois mon sang. Exposée ou livrée au crime le plus grand ! Un superbe ennemi la tient sous son empire... Un musulman cruel... Je tremble... je sou))ire... Il l'aime... il est puissant... Je ne puis achever.

I liÈ.NE ,à part.

Quel trouble ce chrétien lue tait-i! é|irouver! Quel discours! quel rapport!... A peineje respire, la pitié sur un cœur a-t-elle tant d'empire?

( à Théodore.) Pour soulager vos maux, ardente à tout oser, De mon fbible pouvoir vous pouvez disposer. Peut-être votre fille est encore innocente : Déployez à ses yeux cette douleur touchante Que vous communiquez à mon cœur abattu. Ah! bientôt près de vous renaîtra sa vertu. Si , comme à votre fille , un destin favorable Redonnoit à mes pleurs un père respectable. Prompte à sacrifier amour, sceptre , grandeur. Aux dépens de mes jours je ferois son bonheur...

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