ACTE III, SCENE VI
Que la gloire t'éveille; elle parle à ton céftur : Elle parle à ton cœur, cette gloire immortelle; Tu résistes en vain; ton cœur est fait pour elle. Oui, malgré ton amour, malgré ses vains transports , Elle y jette , à mes yeux, la honte et les remords. Vainement à ses cris ton nme se refuse ; Tu l'entends, Mahomet, et ton trouble t'accuse. Sous tes coups maintenant puissé-je être immolé! J'ai le prix de ma mort, la gloire t'a parlé.
MAHOMET, à part.
Je l'avouerai , malgré la fureur qui m'anime , En déchirant mon cœur, il force mon estime.
(à l'aga.) Je te laisse le jour : cesse de coudamner Un amour dont la voix m'enseigne à pardonner. Apprends , par cet effort, qu'il est une autre gloire Que celle que la guerre attache à la victoire. Apprends que, si l'amour n'étoit une vertu, Mahomet par l'amour u'eîit point été vaincu. Toutefois , je le sens , ma bonté déjà lasse s'épuise en pardonnant à ta coupable audace. Retourne dans mon camp; fais trembler mes soldats : Qu'ils craignent de pousser plus loin leurs attentats. Rien ne peut différer mon hymen qui s'apprête; A leurs yeux, dès ce jour, j'en célèbre la fête. Tout rebelle insolent tombera sous mes coups. Ou les traîtres, sur moi signalant leur courroux. Préviendront par ma mort l'arrêt que je prononce. Ils me verront. Adieu; porte-leur ma réponse.
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