ACTE I, SCENE I. ?h
Elle attaque, ou résiste; elle presse, on lui cède : Mais un est-il soumis, un autre lui succède. Pour fixer ses regards sur ce que vous valez , J ai dit que vous aimiez; mais que vos feux voilés. Remplissant tous les vœux d'une amante sincère, Couvroient votre bonheur des ombres du mystère; Que je la défiois de troubler vos plaisirs. Quoiqu'elle vît souvent l'objet de vos désirs; Et que votre conquête, à ses yens interdite, Supposoit dans une autre un plus rare mérite. Sou cœur a pris l'essor, et ses émotions Ont d'abord éclaté par mille questions.
J'ai feint de badiner; l'atteinte étoit portée : Lorsque vous paroissiez, je l'ai vue agitée. Suivre par-tout vos yeux, peser tous vos discours. Chercher avidement l'objet de vos amours, Et toujours cependant employer tous ses charmes. Afin de vous forcer à lui rendre les armes. D'ordinaire sur moi vos regards se perdoieiU, Les siens en même temps sur moi se confondoient. A cent petits égards votre amitié fidèle , Mille fois m'a donné l'avantage sur elle : Ses soupçons balançuieut; ils se sont appuyés. Et produisent enfin l'effet que vous voyez.
C LITANDRE.
Eh bien ! si notre amour eût été véritable. Le moyen d'excuser ce trait abominable?
OR PHI SE
Il ne l'est point : pourquoi le prendre a;i sérieux?
3oi LA COQUETTi: COIUUGÉE
fiLiTA N n II r.. Klle n'en est pns moins criiuincllc à mes yeux. Penseroit-elle à moi, si sa m.ilijjne adresse N'y trouvoit le plaisir d'enlever ma tendresse,
( Orphisc rit. ) A qui?... Fort bien; riez.
Je ris de ce courroux.
Sou caractère est-il une énigme pour vous? Sa fierté vous défie; allons, entre/- en lice. En vous faisant aimer, confondez sa malice : Entraînez, séduisez; humiliez son cœur.
Et forcez son orgueil à connoître un v;iinqueur. Quoi donc! vous balancez? Quelles sont vos alarmes? Vous le savez, Julie étincelle de charmes; La miture a versé sur elle avec plaisir Cent dons que la fortune a pris soin d'embellir. L'abus de tant d'appas tous deux nous inquiète : Mais qu'elle aime une fois, et la voilà parfaite; Un véritable amour au sein de la vertu Va fixer pour jamais son cuHir trop combattu. Ces mêmes qualités qui causent notre Hamme , Un honnête homme aimé les transmet dans notre arae. De mille sots amours son cœur s'est garanti ; Sans le vôtre comment peut-il être assorti? Tout ce qui l'environne est-il fait pour lui plaire? Son sort est de plier sous un digne adversaire; Et le mien est de voir heureux el réuni Ce que j'ai de plus cher, ma nièce et mon ami.