ACTE I, SCENE III. Soi
Ton amour pour Julie, éteint presque en naissant, Est encore ignoré de cette fille aimable; Ce secret révélé te rendroit plus coupable. Va : je l'ai disposée à te bien recevoir.
ÉR ASTE, tirant de sa poche une lettre. Tiens . reconnois Julie et le trait le plus noir. Hier, détestant Julie et sa flamme inconstante. Je me fais annoncer chez ta belle parente : Dans ses yeux, où son ame étaloit sa grandeur, Je lis en rougissant, mon crime et son ardeur : Je tombe à ses genoux, muet et plein d'alarmes... Je reçois mon pardon , arrosé de ses larmes. Attendri , pénétré d'amour et de remords. Pour me justifier je fais d'heureux efforts: Lucile s'y prêtoit, et sa bouche timide Me traitoit de volage, et non pas de perfide... C'est dans ce même instant qu'un démon envieux M'accable , la détrompe , et l'insulte à mes yeux. (// donne le billet à Clitandre.)
CLITAN DRE Ut.
«De grâce, madame, débarrassez-moi d'Éraste. " L'hommage qu'il s'avise de me rendre afflige votre " amour-propre, sans flatter le mien; et vous devriez " prendre un peu plus de soin de conserver vos cou- " quêtes. Il m'a menacée de retourner à vous; soyez, "je vous prie, assez généreuse pour ne inc le point " renvoyer.
«JULIE
ÉR ASTE
Eh bien! que diras-tu?
;So6 LA COQUKTl K COlUUGÉK.
Cl. ITA.N DU K.
Que Julie i-st sincère; Qu'il faut, pour ton honneur., l'oublier et te taire.