ACTE II, SCÈÎNE IX
JUH E.
Ah ! grâce pour celui de briller et de plaire:
Tout autant que la vie, il nous est nécessaire;
Et j'aimerois autant me passer de beauté,
Que de voir sur un seul son pouvoir limité.
La , descendez un peu dans le cœur d'une femme.
Et jugez quel plaisir doit enivrer son ame,
Quand d'un cercle brillant les vœux et les regards
Sur elle concentrés tombent de toutes parts;
Quand sur mille témoins de sa toute-puissance
Elle verse l'amour, le dépit , l'espérance :
Elle parle ; l'éloge aussitôt retentit :
Elle jette un coup d'œil; on espère, on pâlit :
Autour d'elle, à son gré, tout s'émeut, tout s'arrête;
File Forme un orage, ou calme une tempête;
De mille passions elle excite les flots;
Tous les cœurs sont troublés, le sien reste en repos.
CLITANDR E.
Le sien reste en repas? L'aimable perspective
Que vous nous présentez! Quoi l'ardeur la plus vive...
JULIE
Oh ! vous ne passez rien. Allez-vous quereller? Je dis que c'est pour nous un besoin de briller.
Brillez donc, j'y consens; et laissez-moi, madame. Chercher d'ai-.tres plaisirs inconnus à votre ame; Moins.d'écLit , plus d'amour, un peu de bonne foi , Des appas , des vertus, c'en est assez pour moi.
JULIE
Mais on peut parmi nous rencontrer ce modèle.
338 LA COyUF.T'i I, COllltlGEE.
CMT.W 1> Il I .
Parmi vous, du l'amour?