ACTE III, SCÈNE IV
LE M A RyUIS.
Et juste , qui plus est.
JULIE
Oh! taisez-vous, marquis; Convient-il que par vous mes secrets soient trahis? Quoi ! si j'ai des raisons pour engager Clitandre? S'il en a pour m'aimer?
LE M A R Q u I s , à /l(/ie.
J'en ai pour le défendre.
Écoutez-moi tous deux; toi, Clitandre, sur-tout. Que vas-tu faire? Avec de l'esprit et du goût. Si mon expérience ici ne te seconde , Tu vas tout au plus mal t'aunoncer dans le monde. Posons le fait. Julie, après t'avoir joué, Te livrera par-tout comme un homme échoué; Nos belles apprendront ta ridicule histoire; Et qui voudra, dis-moi, ressusciter ta gloire? Quelle femme osera subir ton iléshonueur. Et partager ta honte en recevant ton cœur? Tu n'en trouveras point, je te le dis d'avance. Ceci, couune tu vois, est de grande importance. Julie est, entre nous , trop habile pour toi ; Et je te veux ailleurs procurer de l'emploi.
JDLIE.
Eh ! ne peut-on savoir à qui monsieur le donne ?
A la digne baronne. Oh! la bonne personne! Au plus léger discours d'aliord elle prend feu , Et ne vous laisse pas le temps du désaveu. A la célérité dont sa flamme s'annonce,
3r>i I.A COQUKT I K CO lllU(;Ki;.
Avant que d'y penser, vous avez lait rcponso. De toute autre on pourroit dr-tailler les exploits ; L'aùl le plus attentif ne j)eut saisir son choix : En cFfet, un malheur s'attache à son mérite; Jamais on ne la prenil , et toujours on la quitte. Voilà ilu bon , ilu sûr, où tu n'échoueras pas; Par degrés à .Iulie ajirès tu parviendras.
JULIE
Voihi certainement la plus Folle entreprise...