ROSETTE, ORPHISE
ROSETTE
Oui, madame, en secret elle veut vous parler.
ORPHISE
Il suffit, je l'attends.
ROSETTE
Je vais la consoler; Car elle n'a que moi qui partage sa peine.
ORPHISE
Qu'a-t-elle donc ?
ROSETTE
Elle a... la fièvre, la migraine.
Tout ce qu'on peut avoir... la mort au fond du cœur.
ORPHISE
Tu me fais peur.
ROS ETTE
Tant mieux : c'est mon dessein. La peur Vous rendra sûrement tendre, compatissante; Et nous voulons mourir, ou toucher notre tante.
ORPHISE
Me toucher, ou mourir; quelle énigme est-ce. là?
3Sfi LA COQUETTE CORUIGÉE.
nOSETTR.
Je n'ai lie ses tliscoiirs recueilli que cela.
O II P II I s E.
l'ii songe cette nuit l'a peut-être agitée.
nos i:tte.
Quelle nuit ! juste ciel ! j'en suis épouvantée. J'ignore il'où provient un si granJ changement; Mais sa tète , son cœur, tout est eu mouvement. Depuis hier au soir je la plains, la console; Je n'en ai pu tirer une seule parole.
Elle dont le babil appeloit h; sommeil; Elle dont la gaieté prévenoit le réveil ; Quisongeoit, en riant, toute la matinée, Aux plaisirs qui dévoient composer sa journée; Qui de trente billets partis dès le matin , Nous commcntoit le texte ou plaisant ou malin; Elle reçoit hier visite d'une amie, Un caprice la prend , et c'est une autre vie. Le soir, on ne sort point ; on se couche de nuit. Bientôt on se relève ; on s'afflige sans bruit. J'ai beau me présenter, on ne veut point m'entendre. Impitoyablement on biffe, on met en cendre Un portefeuille entier de chansons et d'écrits... Médisants, mais divins. C'étoit de tout Paris Tlne histoire charmante; un recueil d'anecdotes,
{ sanglotant.) De détails... de portraits finis... avec des notes.
OR PHI s E.
Tu le regrettes fort?