‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 264 sur 279 · ACTE V, SCENE I. Mij · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I. Mij

ROSETTE

Vraiment, il m'amusoit.

ORPHISE

Après?

ROSETTE

Je suis entrée: elle écrivoit, lisoit, Déchiroit, soupiroit, nommoit la présidente... « L'indigne!... disoit-elle. Et puis, ma chère tante, « Soyez heureuse. Et puis , rêvant profondément , « Il m'a désabusée, il fera mon tourment; « N'y pensons plus, allons. » Témoin de ses alarmes. J'ai vu de ses beaux yeux s'échapper quelques larmes; Les autres en dedans retomboient sur son cœur. Ah ! madame , c'étoit la plus belle douleur, La plus vraie !... un ensemble et si noble et si tendre ! Ses modestes soupirs n'osoient se faire entendre. Qu'on ne me vante plus l'éclat de la gaieté. Rien n'égale en pouvoir les pleurs de la beauté. Je ne l'ai pas osé, mais j'ai pensé lui dire: Quiconque pleure ainsi devroit ue jamais rire.

ORPHISE

Eh bien ! enfin ?

ROSETTE

Enfin elle a , sans sourciller, Contremandé marchande, et peintre, et bijoutier; Et , ce qui met le comble à mes terreurs secrètes , Ah ! madame , elle veut. . .

ORPHISE

Quoi donc?

3rf8 LA COQUETTK COUHIGÉE.

ROSKTTK.

Payer ses dettes.

( Orphise rit.) Vous riez? Croyez-moi , cet effort plus qu'humain Me peut que nous cacher un sinistre dessein.

( Orphise continue de rire.) Kncor? J'attendois mieux d'un cœur comme le vôtre : Mais non; femme jamais n'en a su plaindre une autre. Je vais dire à Julie...

ORPHISE

Oh ! finis tes propos.

ROSETTE

Non , madame. Une tante insulter à ses maux !

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