‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 29 sur 279 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DIDON, ÉLISE, MADHERBAL

D 1 D o > , à Elise.

Ah ! venez rassurer une amante troublée. Des guerriers phrygiens l'élite est assemblée. Leurs prêtres ont déjà fait dresser des autels ; Ils entraînent Énée aux pieds des immortels... Elise, autour de lui je ne vois que des traîties.

Élise.

Eh quoi ! soupçonnez-vous la vertu de leurs prêtres? Qui sait si par leurs soins les volontés du sort Avec tous vos projets ne seront pas d'accord? Que craignez-vous?

DIDOM.

Je crains ce que leur bouche annonce.

Jamais la vérité ne dicta leur réponse. Je ne sais, mais mon cœur est pénétré d'effroi... Et ce moment peut-être est funeste pour moi.

MADHERBAL.

Permettez, au milieu de vos tristes alarmes, Qu'un zélé serviteur interrompe vos larmes. Vous devez votre esprit, madame, à tl'autres soins : L'amour a ses moments, l'état a ses besoins. D'un Africain jaloux vous concevez la rage; C'est à nous de songer à jirévenir l'orage. Je n'examine plus si l'hymen d'un grand roi. Si cent peuples soumis à votre auguste loi,

4o DIDON.

\'(i!. sujets yloncux i:t(;ii(laut Ikut |>(iissaiicc .liisciu'anx l)onls dû Io Nil seiiilde inondre naissance, si l'avaiitatje eiiliii <.l(: iloiiner à vos fils .lujiiter pour aïeul et k'S dieux |>our amis, D'un éclat si llatteiir (.le\ oient reniplir votre aine, Ou du moins quelque temps balancer votre Hamrnc. \vant (jne votre cœur, [xuir la dernière fois, Aux yeux mêmes d'Iarlie eût déclani son choix, .1 ai cru devoir vous dire en ministre fidèle l'out ce que m'inspiroient votre gloire et mon zèle; Kt ce n'est qu'à ce prix qu'un sujet plein d'honneur Doit jamais de son maître accepter la faveur. Mais si sa volonté ne peut être changée, M'importe en quels projets son ame est engagée, liësister trop long-temps ce seroit le trahir: (j'est aux dieux déjuger, aux sujets d'obéir. Ainsi ue pensons plus qu'à la prompte défense Qui ]ieiit de l'ennemi confondre l'espérance, iàentot sur ces remparts tous nos chefs rassemblée IJalmeroiU par mes soins nos citoyens troublés. En vain contre Didoii l'Afrique est conjurée; Du peuple et du soldat ma reine est adorée : 'l'out peuple est redoutable et tout soldat heureux Quand il aime ses rois en combattant pour eux.

icLis i;, à Didon.

( )ui , je ne doute point qu'au gré de votre envie Les l'yriens pour vous ne prodiguent leur vie... Mais, quoi! vous oubliez qu'un téméraire amour Ose vous menacer jusque dans votre cour? Je ne le caehe point : instruit de cette injure,

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