‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 30 sur 279 · ACTE III, SCÈNE IV. ^t · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. ^t

Autour lie ce palais votre peuple murmure ; Il demande venffeance, et se plaint hautement Qu'Iarbe tians ces murs vous brave impunément; t;t, si l'on en croyoit les discours de Carthage, Par votre ordre en ces lieux retenu pour otage...

DiDON, l'interrompant.

Le retenir ici? Qu'ose-t-on proposer?

De sou funeste amour est-ce à moi d'abuser? Je sais que des flatteurs les coupables maximes Du nom de politique honorent de tels crimes; Je sais que, trop séduits par de vaines raisons, Mille fois mes pareils, dans leurs lâches soupçons , Ont violé le droit des palais et des temples; La cour de plus d'un prince eu offre des exemples ; Mais un traître jamais ne doit être imité. Moi, qu'oubliant les lois de l'hospitalité, D'un roi dans mou palais j'outrage la personne ! Est-ce aux rois d'avilir l'éclat de la couronne. Nous qui devons donner au reste des humains L'exemple du respect qu'on doit aux souverains?

(à Madherbal.) Oui, malgré les malheurs où son courroux nous jette , Allez, et que ma garde assure sa retraite; Que ce prince, à l'abri de toute trahison, Accable, s'il le peut, mais respecte Didon. J'aime mieux , au péril d'une guerre barbare. Que l'univers, témoin du sort qu'on me prépare, Condamne un vain excès de générosité, Que s'il me reprochoit la moindre lâcheté.

[Mndlierlial sort.)

SCÈÎNE V.

1)1 DON, Ki.isi;.

UIUON.

Ah! c'est iroji ivleiiir ma douleur et mes larmes. Mon aniaiil peut lui suul dissiper mes alarmes...

(à /xirt.) Qu'il tarde a revenir!... Kt vous, peuples ingrats. Loin de mes yeux encor retiendrez-vous ses pas?

Éi. ISE, voyant paroïtn; t'néc.

Il vient.

ui no N , à iiiiil.

A son aspect que ma crainte redouble ! Tout est perdu pour moi; je le sens a mon IroulilL-.

Page 1