SCÈNE VI
ÉNÉE, IJIDON, ÉLI.Si:.
ÉiN Ée, à part, au fond du théâtre , en apcrccminl Didon , et voulant stilnir/ner.
Dieux! je ne croyois pas la rencontrer ici.
DIDON, à part.
Approclions... Mon destin va donc être éclairci! ..
(à Enée , en le retenant. ) Vous me fuyez, seigneur?
Malheureuse priuccs.-.c, Je ne méritois [>as toute votre tendresse.
ACTK ni, SCENE VI. 43
DI UOX.
Non : je vous aimerai jusqu'au dernier soupir...
Mais que dois-je penser? Je vous entends gémir...
Vous détournez de moi votre vue égarée...
Ah ! de trop de soupçons mon ame est dévorée...
Seigneur!...
.^u désespoir je suis abandonné.
Vous voyez des mortels le plus infortuné; Mon cœur frémit encor de ce qu'il vient d'apprendre : Dans le camp des Troyens le ciel s'est fait entendre ; Il s'explique , madame, et me réduit au choix D'être ingrat envers vous ou d'enfreindre ses lois. Une voix formidable, aux mortels inconnue, A murmuré long-temps dans le sein de la nue. Le jour en a pâli , la terre en a tremblé; L'autel s'est entrouvert, et le prêtre a parlé. « Étouffe, m'a-t-il dit, une tendresse value. •< Il ne t'est pas permis de disposer de toi. « Fuis des murs de Carthage; abandoin:e la reine. " Le destin pour une autre a réservé ta foi. » Tout le peuple aussitôt pousse des cris de joie. Jugez du désespoir où mon ame se noie 1 y-.ii voulu vainement combatti'e leurs projets : Ou m'oppose du ciel les absolus décrets. Les champs ausoniens promis à notre audace. Et l'univers promis aux héros de ma race , Dans un repos obscur Enée enseveli, Ses exploits oubliés, son honnesir avili , Des Troyens fugitifs la fortune incertaine,
ii nihoN.
De vos [nopits sujets li^ iiic|ii'is cl la Imine <^)ue vous tlirai-je eiitiu •' Accalde île clouleui , Uecliiré jiar l'amour, entraîné [tar l'homM ur ( // hcsilc à poursuivre. )