ACTE I, SCÈNE I
A ta reine en secret j'allois me découvrir : Kien ne m'arrétoit plus, lorsque sa prompte fuite Rompit tous les projets de mon ame séduite. Quelle fut ma tristesse ou plutôt ma fureur! Tu voulus vainement pénétrer dans mon cœur. Indigné des forfaits d'uu tyran sanguinaire. J'abandonnai sa cour affreuse et solitaire. Et portai mes regrets , mes transports violents , Jusqu'aux sources du Nil et sous des cieux brûlants. Après quatre ans entiers , l'auteur de mes misères Me rendit par sa mort le sceptre de mes pères ; Je passai de l'exil sur le trône des rois. Je crus que ma raison reprendroit tous ses droits, Que de mes mouvements la gloire enfin maîtresse Sauroit bien triompher d'un reste de foiblesse. Et que les soins cuisants d'un malheureux amour Respecteroient le trône et fuiroient de ma cour. Bientôt un bruit confus, alarmant tous nos princes. Répand avec terreur, au fond de leurs provinces. Que d'un peuple étranger, arrivé dans nos ports. Les murs de jour en jour s'élèvent sur ces bords. J'apprends que, de son frère évitant la furie, Didon veut s'emparer des côtes de Libye... Qu'un amour mal éteint se rallume aisément! Le mien reprend sa force et croit à tout moment. Dans ce nouveau transport , je me flatte , j'espère Qu'au milieu de l'Afrique une reine étrangère Ne rejettera point le secours et la main D'un roi, le plus puissant de l'empire africain. Par mes ambassadeurs j'offre cette alliance...
H DinoN.
l'rojuls iiiul concertés! inutile espérance !
Ses reFus, colorés île frivoles raisons.
Deux Fois m'ont iiccuble des |>liis san|^;lanls atFn)n(s.
Je veux, tel est l'aïuonr qui ni'a\eii(;le et m'entraîne.
Tenter moi-même encor cette su|>erljc n-ine.
Tout {)réls à se montrer, mes soldats, mes vaisseaux,
Couvriront autour d'elle et la terre et les eaux.
L'amour conduit mes ])as; la haine peut les suivre.
Dans ce doute mortel je ne saurois jjjiis vivre :
Des reFus de Didon j'ai trop lonjj-temjjs (jénii ;
Aujourd'hui son amant, demain son ennemi.
M ADHERD A L.
Voila donc d'un grand roi toute la politique ! Ses Fureurs vont régler le destin de l'AFrique! Il menace, il gémit : des pleurs mouillent ses yeux !
{à pari.) larbe meurt d'amour... et ma reine... Grands dieux ! Que dans le cœur des rois vous mettez de Foiblesse!...
( à larbe. ) Ah! ne succombez pas sous le trait qui vous blesse. Un autre flatteroit l'erreur où je vous vol : Seigneur, Fuyez la reine.
lAHBE.
Achève; explique-toi.
Bien n'est à ménager quand les maux sont extrêmes; Achève, Madherbal. Dis-moi tout, si tu m'aimes.
MA DH En l)At..
Que ne suis-jc en ces lieux ce (lu'autrelois j'y tus! Vous ne Formeriez point des dcsirs superflus. Depuis plus de trois ans sorti de ma patrie,