‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Lefranc de Pompignan, Guyot de Merville, Pont de Veyle, et LanoueChapitre 41 sur 279 · ACTE IV, SCENE III. Sy · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III. Sy

Qui lancera la foudre , ou donnera des lois , Et dont les citoyens commanderont aux rois. Déjà , dans ses décrets, le maître du tonnerre Livre à ce peuple roi l'empire de la tevre. Laissez à votre fils commencer un destin Dont les siècles futurs ne verront point la fin , Et n'avilissez plus dans une paix profonde Le sang qui doit former les conquérants du monde,

ÉNÉE

Arrête... c'en est trop... Mes esprits étonnés

Sous un joug inconnu semblent être enchaînes...

Quel feu pur et divin ! quel éclat de lumière

Embrase en ce moment mon ame tout entière?...

Oui , je commence à rompre un charme dangereux.

A cette noble image , à ces traits généreux,

A ces mâles discours, dont la force me touche,

Je reconnois les dieux, qui parlent par ta bouche...

Eh bien! obéissons... Il ne faut plus songer

A ces nœuds si charmants qui m'alloient engager...

(à pari.) Viens; je te suis... Et vous, à qui je sacrifie L'objet de mon amour, le bonheur de ma vie , Sages divinités, dont les soins éternels Président chaque jour au destin des mortels, Recevez un adieu que mon ame tremblante Craint d'offrir d'elle-même aux transports d'une amante. Ne l'abanilonnez pas ; daignez la consoler, c'est à vous seuls, grands dieux, que j'ai pu l'immoler!.,.

(à Achate. ) Allons.

ACHàTE, à part, apercevant Didon.

Ah ! c'est la reine... O funeste présage!

ÉNÉE, à part.

O dieux!... Et vous voulez que je quitte Cartilage I...

(On entend le bruit dunv f mile prochaine.) Mais, quels cris, quel tumulte !..

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