ACTE I, SCENE IV. igi
Que pensez-vous de ce grand garçon-là? [Mon^ trant Dorante. )
MARTHOîï, riant.
Et par quelle raison, monsieur Rémi, faut-il que je vous le dise ?
M. REMI
C'est qu'il est mon neveu.
MARTHOy.
Eh bien ! ce neveu-là est bon à montrer ; il ne dépare point la famille.
M. REMI
Tout de bon? C'est lui dont j'ai parlé à madame pour intendant , et je suis charmé qu'il vous revienne : il vous a déjà vue plus d'une fois chez moi , quand vous y êtes venue ; vous en souvenezvous ?
MARTHO».
Non, je n'en ai point d'idée.
M. REMI
On ne prend pas garde à tout. Savez-vous ce qu'il me dit la première fois qu'il vous vit ? Quelle est cette jolie fille-là? (^Marthon sourit.) Approchez, mon neveu. Mademoiselle, votre père et le sien s'aimoient beaucoup ; pourquoi les enfants ne s'aimeroient-ils pas ? En voilà un qui ne demande pas mieux; c'est vin cœur qui se présente bien.
D o i\ A N T E , embarrassé.
Il n'y a rien là de difficile à croire.
M. REMI
Voyez comme il vous regarde ! Vous ne feriez pas là une si mauvaise emplette.
MARTHON.
J'en suis persuadée : monsieur prévient en sa faveur , et il faudra voir.
M. REMI
Bon ! bon ! il faudra voir. Je ne m'en irai point que cela ne soit vu.
MARTHOîf, riant.
Je craindrois d'aller trop vite.
DORA>TE
Vous importunez mademoiselle, monsieur.
MARTHON, riant.
Je n'ai pourtant pas l'air si indocile.
M. TiEUi^ joyeux.
Ah I je suis content : vous voilà d'acQord. Oh! çà, mes enfants (// leur prend la main à tous les deux")^ je vous fiance, en attendant mieux. Je ne saurois rester ; je reviendrai tantôt. Je vous laisse le soin de présenter votre futur à madame. Adieu , ma nièce.
( // sort. ) MARTHON, riant.
Adieu donc , mon oncle.