ACTE I, SCÈNE XIV. 2i
ARAMINTE, Surprime.
Quoi! seulement pour avoir vu Dorante ici?
DUBOIS
SaveZ-vous à qui vous avez affaire!
Au neveu de monsieur Rémi , mon procureur.
DUBOIS
Eh! par quel tour d'adresse est -il connu de madame ? Comment a-t-il fait pour arriver jusqu'ici ?
C'est monsieur Rémi qui me l'a envoyé pour intendant.
DUBOIS
Lui, votre intendant! et c'est monsieur Rémi qui vous l'envoie ! Hélas ! le bon homme, il ne sait p^s qui il vous donne ; c'est un démon que ce garçon-là.
Mais, que signifient tes exclamations? Explique-loi ; est-ce que tu le conuois ?
DUBOIS
Si jele connois , madame ! si je le connois ! Ah ! vraiment oui ; et il me connoît bien aussi. N'avez- Tous pas vu comme il se détournoit de peur que je ne le visse?
•îi4 LES FAUSSES CONFIDENCES.
A RAMINTE.
Il est vrai, et tu me surprends à mon tour, Seroit-il capable de quelque mauvaise action, que tu saches ? Est-ce que ce n'est pas un honnête homme ?
DUBOIS
Lui 1 il n'y a pas de plus brave homme dans toute la terre ; il a peut-être plus d'honneur à lui tout seul, que cinquante honnêtesgens ensemble. Oh! c'est une probité merveilleuse ; il n'a peutêtre pas son pareil.
A ïl A M IN TE.
Eh ! de quoi peut-il donc être question? D'où vient que tu m' alarmes? En vérité, j'en suis tout émue.
DUBOIS
Son défaut, c'est là (// se touche le front.) C çst à la tête que son mal le tient.
A la tête 1
nu BOIS.
Oui , il est timbré ; mais timbré comme cent.
Dorante ! il m'a paru de très bon sens. Quelle preuve as-tu de sa folie ?