‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 153 sur 329 · ARAMINTE, DORANTE, M. REMI · texte numérisé non relu

ARAMINTE, DORANTE, M. REMI

M. REMI

Madame, je suis votre très humble serviteur. Je viens vous remercier de la bonté que vous avez eue de prendre mon neveu à ma recommandation.

Je n'ai pas hésité, comme vous l'avez vu.

M. REMI

Je vous rends mille grâces. Ne m'aviez-vous pas dit qu'on vous en offroit un autre ?

Oui, monsieur.

23o LES FAUSSES CONFIDENCES.

M. REMI

Tant mieux ; car je vieus vous demander celuici pour une affaire d'importance.

. D-o R A >" T E , d un air de refus. Et d'où vient, monsieur?

M.. REMI

Patience.

Mais, monsieur Rémi, ceci est un peu vif; vous preuez assez mal votre temps; et^'ai refus**' l'autre personne.

DORA>TE

Pour moi, je ne sortirai jamais de chez madame qu'elle ne me congédie.

M . R E 51 1 , hrusquerrten t.

Vous ne savez ce que vous dites. Il faut pourtant sortir; vous allez voir. Tenez, madame, jugez-en vous-même; voici de quoi il est question. C'est une dame de trente-cinq ans, qu'on dit jolie femme, estimable, et de quelque distinction; qui ne déclare pas son nom; qui dit que j'ai été son procureur; qui a quinze mille livres de rente pour le moins, ce qu'elle prouvera ; qui a vu monsieur chez moi , qui lui ^ parlé, qui sait qu'il n'a pas de bien , et qui offre de l'épouser sans délai; et la personne qui est venue chez moi de sa part doit revenir tantôt pour

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