ACTE III, SCÈNE VI. 4o
Et VOUS ne devez point douter de ma tendresse.
PASOUIS.
Je voudrois bien pouvoir baiser ces petits mots-là, et les cueillir sur votre bouche avec la mienne.
LISETTE
Mais vous me pressiez sur notre mariage, et uion père ne m avoit pas encore permis de vous répondre. Je viens de lui parler, et j'ai son aveu pour vous dire que vous pouvez lui demander ma main quand vous voudrez.
p.\ sQri>'.
Avant que je la demande à lui, souffrez que je la demande à vous; je veux lui rendre mes grâces de la charité qu'elle aura de vouloir bien entrer dans la mienne, qui en est véritablement indigne. •
LISETTE
Je ne refuse pas de vous la prêter un moment , à condition que vous la prendrez pour toujours.
P.\SQTTIN.
Chère petite main rondelette et potelée, je vous prends sans marchander : je ne suis pas en peine de l'hcmneur que vous me ferez ; il n'y a que celui que je vous rendrai qui m'inquiète.
4o^, LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD.
LISETTE
Vous m'en rendrez plus qu'il ne m'en faut.
PASQri>'.
Ah ! que nenni ; vous ne savez pas cette aritiimétique-là aussi bien que moi.
LISETTE
Je regarde pourtant votre amour comme un présent du ciel. «
PASQCIN.
Le présent qu'il vous a fait ne le ruintra pas; il est bien mesquin,
LISETTE
Je ne le trouve que trop magnifique.
PASoriK.
Cest que vous ne le voyez pas au grand jour.
LISETTE
Vous ne sauriez croire combien votre modestie m'embarrasse.
PASQtJIN.
Ne faites point dépense d'embarras; je serois bien effronté, si je n'étois pas modeste.
LISETTE
Enfin, monsieur, faut-il vous dire que c'est moi que votre tendresse honore?
PASQCIW.
Ahi ! ahi ! je ne sais plus où me mettre.