SCÈNE m
MAÎTRE ^LkiSE, cavalièrement .
Stelle-là est belle et bonne, je m'y accorde. J'aime qu'on soit franc; et en effet quel méiite avons-je ponr li plaire à cette enfant ?
LISETTE
Ce n'est pas que vous ne valiez votre prix, monsieur Biaise, mais je crains que madame Argante ne vous trouve pas assez de bien pour sa fille. MAÎTRE BLAiSE,eu riant.
Ça est vrai, pas assez de bien :pus vous allez, mieux vous dites.
LISETTE
Vous me faites rire avec votre air joyeux.
LC CIDOR.
C'est qu'il n'espère pas grand'chose.
MAÎTRE BLAISE
Oui , velà ce que c'est ; et pis, tout ce qui viant je le prends, (à Lisette.^ Le biau brin de fille que vous êtes!
LISETTE
La tête lui tourne , ou il y a là quelque chose que je n'entends pas.
MAÎTRE BLAISE
Stapendant je me baillerai bian du tourment pour avoir Angélique, et il en pourra venir que je l'aurons ou bian que je ne Taurons pas : faut mettre les deux pour deviner juste.
LISETTE, en riant.
Vous êtes un très {^rand devin.
LUCinOR.
Quoi qu'il en soit, j'ai aussi un parti à lui offrir, mais un très bon parti : il s'afjif d'un homme du monde ; et voilà pourquoi je m'informe si elle n'aime personne.
LISETTE
Dès que vous vous mêlez de l'établir, je pense bien qu'elle s'en tiendra là.
LirCIDOR.
Adieu, Lisette: je vais faire un tour dans la grande allée; quand Angélique sera venue, je vous prie de m'en avertir. Soyez persuadée, à votre égard, que je ne m'en retournerai point à Paris sans récompenser le zèle que vous m'avez marqué.
LISETTE
Vous avez bien de la bonté, monsieur.
L u c I n o R , rt Biaise f en s'en allan t et à part.
Ménagez vos termes avec Lisette, maître Biaise.
M.\ÎTRE BLAISE.
Aussi fais-je; je n'y mets pas le sens commun.