‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 289 sur 329 · MAITRE BLAISE, LISETTE · texte numérisé non relu

MAITRE BLAISE, LISETTE

LISETTE

Ce monsieur Lucidur a le meillleur cœur du «nonde.

Oh! un cœur magnitique, un cœur tout d'or. Au surplus, comment vous portez - vous , mademoiselle Lisette ?

LISETTE, n'rtJit.

Eh! que voulez-vous dire avec votre compliment, maître Biaise? Vous tenez depuis un moment d€S discours bien étranges.

MAÎTRE fiL AISE.

Oui,j'on5 des manières fantasques, et ça vous étonne, n'est-ce pas? je m'en doute bian. (^etpar réjîexion.) Que vous êtes agriable !

LIS ETTE

Que vous êtes original avec votre agréable! <^omme il me regarde ! En vérité, vous extravaguez.

MAÎTRE E'. AISE

Tout au contraire, c'est ma prudence qui vous «ontemple.

LISETTE

Eh bien! contemplez, voyez; ai-je aujourd'hui le visage autrement fait que je ne l'avois hier?

MAÎTRE BLAISE

Non, c'est moi qui le vois mieux que de coutume; il est tuut nouviau pour moi.

LISETTE, voulant s'en aller.

Eh! que le ciel vous bénisse !

MAÎTRE BLAISE, l'arrêtant.

Attendez donc.

LISETTE

Eh ! que me voulez-vous? C'est se moquer que de vous entendre; on diroit que vous m'en contez. Je sais bien que vous êtes un fermier à votre aise, et que je ne suis pas pour vous: de quoi s'agitil donc?

MAITRE BLAISE

De ra'acouier sans y voir goutte, et de dire à part vous, Ouais! faut qu'il y ait un secret à ça.

LISETTE

Et à propos de quoi un secret? vous ne me dites rien d'intelligible.

MAÎTRE BLAISE

Non, c'est fait exprès, c'est résolu.

LISETTE

Voilà qui est bien particulier. Ne cherchezvous pas Angélique?

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