‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de MarivauxChapitre 86 sur 329 · LÉ FINE · texte numérisé non relu

LÉ FINE

Et vous êtes jolie , sandis ! oh ! très jolie.

LISETTE

Ma foi! monsieur de Lépine, vous êtes très galant, ohl très galant.

LÉPI>E.

A mon exemple, envisagez-moi, je vous prie, faites-en l'e'preuve.

LISETTE

Oui-da. Tenez, je vous regarde.

Eh donc ! Est'celàce Lépine quevous connois-

i3o LE LEGS.

siez? N'y voyez-vous rien de nouveau? Que vous

dit le cœur ?

Pas le mot. Il n'y a rien là pour lui.

LÉ PI NE

Quelquefois pourtant nombre de gens ont estimé que j'ëtois un garçon assez revenant; mais nous y retournerons, c'est partie à remettre. Ecoutez le restant. Il est certain que mon maître distingue tendrement votre maîtresse. Aujourd'hui même il m'a confié qu'il méditoit de vous communiquer ses sentiments.

LISETTE

Comme il lui plaira. La réponse que j'aurai l'honneur de lui communiquer sera courte:

L ÉPINE

Remarquons d'abondance que la comtesse se plaît avec mon maître, qu'elfe a l'âme joyeuse en le voyant. Vous me direz que nos gens sont d'étranges personnes, et je vous l'accorde. Le marquis , homme tout simple , peu hasardeux dans le discours, n'osera jamais aventurer la déclaration; et des déclarations , la comtesse les épouvante. Dans cette conjoncture, j'opine que nous encouragions ces deux personnages. Qu'en sera - 1 - il ? Qu'ils s'aimeront bonnement en toute simplesse, et qu'ils s épouseront de même. Qu'en arrivera-

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