‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 128 sur 144 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LÉANDRE PÈRE

Cri5|)in, Crispin , écoute. Ah 1 lindi^^ne, le traître !

Lorsquil s'agit de boire, il n'entend plus de maître

Que je suis mécontent de cet ivrogne-là?

Boire pour me servir, quelle excuse est-ce là?

Mais rapjielons ici mes desseins et mes vues.

Il faut que j'aie au moins deux ou trois entrevues

Avec le jeune -objet que je veux m'attacher.

De son père, d'abord, il faut le détacher:

Sa suivante a déjà commencé cette affaire,

J'eu suis sûr. et je n'ai maintenant qu'à lui plaire.

C'est elle justement que je vois s'avancer.

23o LA DOUBLE EXTRAVAGANCE.

SCÈ^E IV.

DORISE, LÉANDRE père, MARINE.

MARINE, bas.

Songez qu'à l'écouter il faut vous efforcer.

DORISE, bas.

Ah ! qu'il est ridicule !

MARINE, bas.

Un peu de violence.

LEANDRE

Quel sort heureux vous offre à mon impatience ! j'allois voler, Dorise, a votre appartement. Je ne pourrai souffrir le moindre éioignement ; Si cela continue... Et l'absence d'une heure... Ma mis dans un état... il faudra cpie j'en meure... Si le bon homme Orgon persiste en son projet, Ou si vous ne vengez l'injure qu'il me fait. Concevez-vous, Dorise, un semblable caprice? On me trouve pour vous trop jeune, trop novice; Vous me ferez raison de cette insulte-la, Et j'en appelle à vous : comment donc , on viendra M'imputer a défaut ce qui seul peut vous plaire? Je suis jeune, tant mieux : est-ce là son affaire? Si je suis bien pour vous , tout est examine , Et vous ne voulez pas un époux suranné. Vous êtes de bon goût ; la jeunesse , j'espère , Ne vous effraie pas autant que votre père.

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