LA FÉE, ALCINDOR
ALCiSDOR, regardant sortir Lucmde.
Adieu les globes, les sphères, et les mappemondes. Cet emportement n'est-il pas charmant?
LA FÉE
Il est plaisant , du moins ; elle est aussi vive que vous, mon fils.
ALCINDOR
Je l'en aimerai davantage. Un sentiment tendre, vivement exprime, fait les délices du cœur. Mais je vous dirai, madame, que vous êtes arrivée fort à propos; je n étois plus mon maître, i'allois parler.
LA FÉE
Et l'oracle?
ALCINDOR
L'oracle? J'avois la vue troublée, et ne voyois plus que Lucinde. Prévenu, flatté, caressé par sesbeaux yeux, j'ai long-temps baissé les miens ; je me mordois les lèvres, toute mapersonne m'embarrassoit. Ah! madame, qu'une bouche et des yeux sont à charge, lorsqu'il faut les tenir inutiles avec ce que l'on aime !