‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 16 sur 144 · SCÈNE Vil. i-j · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil. i-j

LA FÉE

Il faudra cependant bien vous contraindre encore quelque temps. Peut-être que les sentiments que Lucinde vous marque ne sont point de L'amour, mais de purs mouvements d'un caprice, et d'une curiosité Wve pour un objet nouveau. Il est donc de la prudence d'examiner pendant sept ou huit jours...

ALCICfDOK.

Sept ou huit jours!

LA FÉE

Oui, mon fih.

ALCINDOB.

Sept ou huit jours! Mais... mais... mais... madame, pensez-vous à la situation? Pensez-vous que dans son appartement, à la promenade, au fond d'un bosquet , Lucinde voudra m'avoir toujours avec elle; et que semblable au mouton chéri d'une bergère innocente, je serai caressé à tous les moments du jour? Et vous voulez...

LA FEE

Je veux que le mouton soit sage.

ALCinDOR.

Dites plutôt que vous voulez me faire souffrir un genre de tourment tout nouveau, et qui est en vérité trop au-dessus de mes forces.

LA FÉE

Eh ! comment font déjeunes filles qui pendant des mois entiers résistent à leur penchant, cachent leur amour, et paroissent non seulement insensibles, mais même cruelles à un amant qui leur plaît?

ALCINDOll.

Oh! je ne suis ni fille ni statue, et je vais le déclarer à Lucinde.

LA FÉE

De grâce, mon fils, différez encore quelques moments; laissez-moi faire subir à son cœur un nouvel examen; et ne risquez pas de vous découvrir mal à propos, puisque le bonheur de votre vie en dépend.

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