ACTE I, SCÈNE IV
Four cooserver vos droits, je veux bien vous laisser
Tous ces lourds campagnards que je voudrois chasser
Quand ils viennent : raillez leurs façons, leur langage,
Et tout l'arrière-bau de notre voisinage;
Mais grâce , je vous prie , et plus d'attention
Pour Ariste. Il revient. Faites réflexion
Qu'il me croira , s'il est traité de même sorte ,
Un maître à qui bientôt on fermera sa porte ;
Je ne crois pas avoir cet air-là , Dieu merci.
Enfin , si vous m'aimez, traitez bien mou ami
FLORISE
Par malheur je n'ai point l'art de me contrefaire. Il vient pour un sujet qui ne sauroit me plaire . Et je \e œarquerois indubitablement :
Je ne sortirai pas de mon appartemeut.
C ÉRONTE.
Ce seroit une scène.
Que je suis malade.
FLORI SE
Eh noni je ferai dire
GEROXTE.
Oh ! toujours me contredire!
FLORISE
Mais, marier Chloél mon frère, y pensez-vous? Elle est si peu formée , et si sotte , entre nous. .
GÉnOXTE.
Je ne vois pas cela. Je lui trouve, au contraire , De l'esprit naturel , un fort bon caractère ; Ce quelle est devant vous ne vient que d'embarras. On imagineroit que vous ne l'aimez pas.
6o LE MÉCHANT.
A vous la voir traiter avec tant de rudesse. Loiu de l'eucourager, vous l'effrayez sans cesse; Et vous l'abrutissez, dès que vous lui parlez. Sa figure est fort bieu d'ailleurs.
FLORISE
Si vous voulez.
Mais c'est uu air si gauche, une maussaderie...
gÉron'te élève la voix, apercevant Lisette. Tout comme il vous plaira. Finissons, je vous prie. Puisque je l'ai promis , je veux bien voir Cleou , Parceque je suis sûr de sa décision.
Mais, quoi qu'on puisse dire , il faut ce mariage; H u'est point pour Chloé d'arrangement plus sage : Feu sou père, on le sait, a mangé tout son bien; Le vôtre est médiocre, elle n'a que le mien : Et quand je donne tout, c'est bien la moindre chose Qu'on daigne se prêter à ce que je propose.
( // sort. ) FLORISE.
Qu'un sot est difficile à vivre !