‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 29 sur 144 · ACTE I, SCENE V. ^t · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V. ^t

FLORISE

Comment donc ?

LISETTE

Mais, m:idame, au ton dont il s'explique, A son air, où l'on voit dans un rire ironique L'estime de lui-même et le mépris d'autrui, Comment peut-on savoir ce qu'on tient avec lui? Jamais ce qu'il vous dit n'est ce qu'il veut vous dire. Pour moi , j'aime les pens dont l'ame peut se lire, Qui disent l>onnement oui pour oui, non pour non.

FLORISB.

Autant que je puis voir, tous n'aimez pas Cléon.

LISETTE

Madame, je serai peut-être trop sincère : Mais il a pleinement le don de me déplaire. On lui croit de l'esprit, vous dites qu'il en a: Moi, je ne voudrois point de tout cet esprit-là. Quand il seroit j>our rien. Je n'y vois, je vous jure, Qu'un style qui n'est pas celui de la droiture; Et sous cet air capable, où. l'on ne comprend rien, s'il cache un honnête homme, il le cache très bien.

FLORISE

Tous vos raisonnements ne valent pas la peine Que j'y réponde : mais, pour calmer cette haine, Disposez pour Paris tout votre arrangement : Vous y suivrez Chloé; je l'envoie au couvent. Dites-lui de ma part...

LISETTE

Voici mademoiselle :

Vous-même apprenez-lui cette belle nouvelle.

FLORISE, à Chloè, qui lui baise la main. Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur.

( Elle sort. )

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