V.\ LÈRF
Comment concilier cet air impatient.
Cette galanterie, avec mon compliment?
c'est se moquer de l'oncle, et c'est me contredire :
Toute mon ambassade est réduite à lui dire
Que je serai , soit dit dans le plus simple aveu ,
Toujours son serviteur, et jamais son neveu.
cléo.x.
Et voila justement ce qu'il ne faut {^s faire :
y, LE MÉCHANT.
Ce ton d'autorité choqueroit votre mère.
11 faut dans vos propos paroître consentir.
Et tâcher, d'autre part, de ne point réussir.
Écoutez : conservons toutes les vraisemblances;
On ne doit se lâcher sur les impertinences
Que selon le besoin, selon l'esprit des gens;
11 faut, pour les mener, les prendre dans leur sens.
L'important est d'abord que l'oncle vous déteste;
Si vous y parvenez, je vous réponds du reste.
Or, notre oncle est un sot , qui croit avoir reçu
Toute sa part d'esprit en bon sens prétendu,
De tout usage antique amateur idolâtre,
De toutes nouveautés frondeur opiniâtre;
Homme d'un autre siècle , et ne suivant en tout
Pour ton qu'un vieuï honneur, pour loi que le vieux goût;
Cerveau des plus bornés, qui, tenant pour maxime
Qu'un seigneur de paroisse est un être sublime,
Vous entretient sans cesse avec stupidité
De son banc, de ses soins , et de sa dignité :
On n'imagine pas combien il se respecte.
Ivre de son château, dont il est l'architecte,
De tout ce qu'il a fait sottement entête.
Possédé du démon de la propriété.
Il réglera pour vous son pejichant ou sa haine
Sur l'air dont vous prendrez tout son petit domaine.
D'abord, en arrivant, il faut \ous préparer
A le suivre par-tout, tout voir, tout admirer.
Son parc, son potager, ses bois , son avenue;
il ne vous fera pas grâce d'une laitue.
Vous, au lieu d'approuver, trouvant tout fort commun,