G LÉ ON
Quoique je sois ici l'ami de la famille, Je dois vous parler frauc; à moins d'aimer leur fille, Je ne vois pas pourquoi vous vous empresseriez Pour pareille alliance : ou dit que vous l'aimiez Quand vous étiez ici?
VA LE RE
Mais assez, ce me semble.
Nous étions élevés, accoutumés ensemble; Je la trouvois gentille , elle me plaisoit fort : Mais Paris guérit tout, et les absents on tort. On m'a mandé souvent qu'elle étoit embellie ; Comment la trouvez-vous?
clÉon.
Ni laide, ni jolie; C'est un de ces minois que l'on a vus par-tout, Et dont on ne dit rien.
VALÈKE.
J'en crois fort votre goût,
CLÉON
Quant à l'esprit, néant; il n'a pas pris la peine Jusqu'ici de paroître, et je doute qu'il vienne : Ce qu'on voit, à travers son petit air boudeur, C'est qu'elle sera fausse , et qu'elle a de l'humeur. On la croit une Agnès; mais comme elle a l'usage De sourire à des traits un peu forts pour son âge. Je la crois avancée; et, sans trop me vanter, Si je m'étois donné la peine de tenter... Enfin, si je n'ai pas suivi cette conquête,
ACTi: II, SCÈNE VII. 91
• La ^ute en est aux liieux, qui la fiix-ut si bctt. -
V ALÈRE.
Aatarémeut Chloê seroit une beauté.
Que sor ce portrait-là jeu senm peu tenté Allons, je vais partir, et corapte/ que j'espère Dans deux heures d'ici désabuser tua mère : Je laisse en bounes mains...
CLÉO.H
Non; il vous faut rester.
V ALÈR E.
îdais comment ! voulei-vous ici me présenter'
CLÊON.
Non pas dans le moment; dans une heure.
A votre aise.
CLÉON
Il faut que vous alliez retrouver votre chaise :
Dans l'instant que (iéroute ici sera rentré,
Car c'est lui qu'il nous faut, je vous le manderai;
Et vous arriverez par la route ordinaire,
Comme ayant prétendu nous surprendre et nous plaire.