SCÈNE II i
LCCISDE.
Je ne sais. Il a disparu comme un éclair. Mais il semble qu'eu baisant ma main^ il y ait imprimé un trait de flamme, qui depuis ce moment agite mon cœur... Oui, depuis ce moment je ne suis plus la même : inquiète, rêveuse, je cherche... Elh quoi? je ne puis me l'expliquer. Il semble que je respire un autre air. Toute la nature me paroît plus riante, plus animée... Quelle union, quelle tendresse, ma bonne, je viens d'admirer dans deux petits oiseaux! Ils étoient sur une même branche ; ils chantoient l'un à l'autre ; ils se regardoient, mais avec des re^ijards que je n'ai encore vus qu'à eux, et que nous n'avons point ensemble vous et moi. Quelques moments de silence succédoient à leur ramage ; et ils recommencoient bientôt à chanter, ou plutôt à se répondre avec une vivacité, avec une ardeur... Vous riez?
LA FÉE
San» doute : car enhn pour se répondre il faut s'entendre.
LU CI s DE Je crois bien aussi qu'ils s'entendoienl.
LA FÉE
Eh! croyez-vous aussi que votre clavecin ou votre basse de viole vous entendent, vous répondent, et sont sensibles aux doux accents de voîre
i4 L'ORACLE.
voix, lorsqu'ils s'accordent si juste aux tons que vous prenez?