‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 4 sur 144 · SCÈNE 1. Il · texte numérisé non relu

SCÈNE 1. Il

ALCIKDOIt.

Quel a elc et quel est le but de tous ces taux prijupes où vous avez élevé son enfance?

De lui taire croire, en vous présentant à elle...

ALCINDOR

Ah! j'entendj ; que je ne suis qu une poupée, une marionnette or{»auisée au-dessus des tailles ordinaires. Cette idée me divertit, et peut réussir. Psyché ne voyoit point l'Amour ; elle le croyoit un monstre; cependant elle l'aimoit. L'imagination *étluite par vos prestiffes , Lucinde me croira tel que l'oracle exige qu'elle me croie, c'est-àdire n'ayant une bouche et des yeux que pour l'agrément. Cependant elle m'aimera ; on peut tromper la raison, mais jamais le sentiment. Son cœur recevra de la nature des avis qu'elle goûtera sans les comprendre, qu'elle suivra par instinct, comme 1 abeille va cueillir le parfum des fleurs. Cette intelligence, cette chaîne, cette force svmpathique des cœurs agira... Oui, madame, elle m'aimera, et je serai dans ce jour le plus heureux des mortels. Allons la trouver Vous pouvez me présenter à elle, et compter que, puisque l'intérêt de mon amour l'exige, je suis une statue , une vraie statue... un marbre insensible.

LA FÉE

Il n'est pas encore temps que vous paroissiez. J'aperçois Lucinde; retirez-vous vite, et passez par ce cabinet. Dans la conversation que nous allons avoir ensemble, je vais préparer les choses, et tâcher de les amener à votre satisfaction.

ALCINDOR

Un mot. Quand elle badine avec son chien, il la caresse; ne pourrai-je pas aussi, si elle badine avec moi?...

Bon , voilà l'homme de marbre. ( le faisant sortir.) Sortez donc, nous verrons; sortez donc.

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