ACTE III. SCÈNK IV. io
Il ue croit rien , il est aveugle sur Cleoii. J'ai pourtant tout esptoir dans une conjecture Qui le detromperoit, si la chose etoit sûre; Il s'ajjil de soupt^us que je puis voir détruits. Comme je crois le mal le plus tard que je puis, Je n'ai rieu dit encor; mais aux veux de (.'teroiite Je démasque le traître et le couvre de honte, Si je puis avffvr le tour le plus sau^;lant Dont je l'ai sou)>çonne, jract^ a son talent.
LISRTTB.
I ^ ut! comment! c'est là «|ue vous en êtes?
Ma foi , c'est trop d'honneur, monsieur, que > ous lui faites ;
Croyei d'avance, et tout.
ARISTE
Il s'en est peu fallu Que pour ce mariage on ne m'ait pas revu : Sans toutes me» raisons, q:ii l'ont bien ramenée, La mère de Valère étoit déterminée A les remercier.
LISETTE
Pourquoi?
AhlSTE.
C'est une horreur.
Dont je veux dévoiler et confondre l'auteur; Et tu m'y serviras.
LISETTE
A propos de Valère, Où crovez-vous qu d soit?
A RISTr.
l'eut-étre cher sa mère.
io4 LE MÉCHANT.
Au mouieut où j'en parle. A toute heure on l'attend.
Bou! il est ici.
ARl STE.
Lui?
LISETTE
Lui; le fait est coustant.
ARISTE
Mais quelle étourderie!
LISETTE
oh ! toutes ses mesures fSembloient , pour le cacher, bien prises et Lieu sûres : Il n'a vu que Cléon; et, l'oracle entendu , Dans le bois près d'ici Valère s'est perdu, Et je l'y crois encor. Comptez que c'est lui-même : Je le sais de Frontin.
ARISTE
Quel embarras extrême !
Que faire? L'aller voir, on sauroit tout ici : Lui mander mes conseils est le meilleur parti. Donne-moi ce qu'il faut; hâte-toi, que j'écrive.
LISETTE
J'y vais... J'entends, je crois, quelqu'un qui nous arrive.